Rénovation urbaine – 2/2 – Des politiques non pas sociales mais sécuritaires

Transformer Bellevue, les Dervallières, ou la Bottière pour améliorer le cadre de vie des habitantEs ? C’est ce que l’équipe municipale et une partie de la presse locale et nationale aiment vendre aux travailleuses et aux travailleurs de Nantes. En réalité, la politique dite de « rénovation urbaine » est à à sens unique.

Building Watteau aux Dervallières - Photo Nantes Métropole

Building Watteau aux Dervallières - Photo Nantes Métropole

Transformer Bellevue, les Dervallières, ou la Bottière pour améliorer le cadre de vie des habitantEs ? C’est ce que l’équipe municipale et une partie de la presse locale et nationale aiment vendre aux travailleuses et aux travailleurs de Nantes. En réalité, la politique dite de « rénovation urbaine » est à à sens unique.

Le « projet urbain Vallon des Dervallières », c’est le nom mi-ronflant mi-poétique de la rénovation urbaine d’un des autres grands quartiers populaires de la ville. Le projet, lancé en 2006, arrive à son terme. Bilan : plus de 300 logements sociaux détruits et 445 construits, dont 40 % de logement social, 30 % de logement dit « abordable » (en gros : de l’accession à la propriété pour des classes populaires/moyennes stables qui bénéficient d’aides pour s’endetter auprès de banques afin d’acheter leur logement) et 30 % de logement « libre » (vendus au prix de marché).

Là encore, le compte n’y est pas pour les nombreux travailleurs et travailleuses qui ont besoin d’un logement social ! 300 logements détruits et 445 construits : pour un quartier de 5200 habitantEs, et 2400 logements, on est loin de l’ambitieuse transformation du cadre de vie des habitantEs des Dervallières que vend Johanna Rolland et la majorité sortante PS-PC-Verts.

Et en septembre 2019, la mairie et la métropole ont obtenu une rallonge de 35 millions d’euros pour rénover 310 logements (sur 2400…), mais aussi et surtout réaménager les espaces publics par la création de « chemins paysagers », d’espaces de « coworking » pour les « entrepreneurs », de lieux de stockage pour les artisans.

Celles et ceux qui profitent de la misère sociale

Cette nouvelle « rénovation » est assortie d’un objectif sécuritaire clair : destruction de bâtiments pour supprimer les impasses, et installation généralisée de vidéo-surveillance. C’est ça la ville « inclusive » et « mixte » de Johanna Rolland et de l’équipe municipale sortante… Avec à la clé la destruction de 52 logements… dont les habitants doivent être relogés… mais où, mystère (on sait que certains sont envoyés carrément loin, à La Montagne, sur la route de Pornic après Bouguenais).

A ce propos, une citation récente de Johanna Rolland est éclairante. Elle a déclaré, faisant référence aux fusillades qui ont eu lieu cet été : « Les violences de Juillet et la dégradation majeure du centre commercial et des équipements publics nous poussent à agir tout de suite pour transformer la place des Dervallières. » Et elle ajoute : « Aujourd’hui, il est temps de réfléchir à l’avenir du quartier pour éviter que ces phénomènes de violences se reproduisent. Rénover les logements ne suffit pas à améliorer la vie des habitants. (…) Tout l’enjeu est désormais de terminer ce projet pour apporter davantage de mixité et une meilleure qualité de vie pour tous. »

Moralité : profitons vite des violences provoquées par la situation sociale catastrophique dans les quartiers (situation qui fait que les trafics prospèrent, et sont attrayants pour certains jeunes) pour continuer à faire de la com’, et à faire marcher le business de la construction. Comme si le cadre de vie et la « mixité » allaient changer quoi que ce soit à la violence sociale quotidienne que vivent les habitantEs des quartiers populaires…