Rénovation urbaine – 1/2 – Malakoff, la « mixité sociale » à la nantaise

Nantes cultive l’image d’une ville qui bouge, d’une ville moderne et « inclusive », qui œuvrerait à la mixité sociale par une politique « volontariste » de rénovation des anciens quartiers populaires, et la réhabilitation d’anciens territoires industriels (sur l’Île de Nantes notamment). Les symboles de cette politique seraient évidemment l’Ile de Nantes : Nefs, Eléphant, Quai des Antilles, Nouveau CHU… mais aussi la transformation de Malakoff, premier acte de la politique de rénovation urbaine.

Pont Eric-Tabarly et quartier Malakoff

Pont Eric-Tabarly et quartier Malakoff

Nantes cultive l’image d’une ville qui bouge, d’une ville moderne et « inclusive », qui œuvrerait à la mixité sociale par une politique « volontariste » de rénovation des anciens quartiers populaires, et la réhabilitation d’anciens territoires industriels (sur l’Île de Nantes notamment). Les symboles de cette politique seraient évidemment l’Ile de Nantes : Nefs, Eléphant, Quai des Antilles, Nouveau CHU… mais aussi la transformation de Malakoff, premier acte de la politique de rénovation urbaine à Nantes.

Détruire des logements sociaux… pour quoi faire ?

Le projet a été initié dès le début des années 2000 par Jean-Marc Ayrault, dans le cadre de la loi Borloo sur la rénovation urbaine. Au programme, des destructions de tours et de barres, dans des conditions très dures pour leurs habitantEs, qui apprenaient lors de grandes séances de pseudo-concertation que leur lieu de vie allait être réduit à l’état de gravas. En contrepartie, de nouveaux équipements ont bien sûr été construits : de nouveaux axes routiers (notamment le pont Tabarly sur la Loire), une nouvelle piscine (La petite Amazonie en remplacement de la piscine de la Roche incendiée en 1998) et le collège Sophie Germain. Mais cela a à peine permis de désenclaver le quartier, et visait surtout à le rendre attractif aux nouveaux locataires et propriétaires que les promoteurs cherchaient à attirer.

Car la véritable opération d’ampleur à Malakoff a consisté en la construction d’un nouveau quartier entre la « cité » de Malakoff et la gare Sud. A quoi se sont ajoutés de nouveaux immeubles en lisière immédiate de la cité (autour de la place de Malakoff). Alors bien sûr, la ville a obligé les promoteurs à mettre un peu de logement social dans ces nouveaux bâtiments… mais évidemment dans une proportion beaucoup plus faible que dans les anciens bâtiments détruits. Bref : à la fin cela fait moins de logements à bas prix pour les plus démunis et pour les classes populaires. C’est cela, la mixité sociale à la nantaise…

Argent public, profits privés : au paradis des promoteurs et des entrepreneurs

Ce nouveau quartier – on l’appelle soit Pré-Gauchet, soit Nouveau Malakoff, soit Eurogare Nantes) est un mélange d’immeubles de logements (pas particulièrement bon marchés) et de bureaux, à destination d’une population et d’entreprises attirées par la proximité avec la gare et le centre-ville. Construite sur des terrains vagues et des entrepôts vétustes, l’opération a sans doute été très juteuse pour les promoteurs immobiliers, qui ont profité de terrains à bas coût, commercialisés au tarif centre-ville…

La logique est toujours la même : la municipalité et la métropole, avec des subventions d’État provenant de l’agence nationale de rénovation urbaine, réduisent la taille du quartier populaire et des logements sociaux, et viabilisent les terrains en construisant/rénovant des infrastructures, de façon à attirer des investissements privés (notamment des promoteurs immobiliers).