Nouveau CHU : un projet nuisible

La priorité absolue de toute politique de santé devrait être l’égalité d’accès aux soins pour touTEs les habitantEs, la gratuité des soins pour l’ensemble de la population, et une organisation du travail respectueuse des touTEs les travailleurs et travailleuses de la santé.

17 décembre 2019, Paris - Photothèque rouge / JMB

17 décembre 2019, Paris - Photothèque rouge / JMB

La priorité absolue de toute politique de santé devrait être l’égalité d’accès aux soins pour touTEs les habitantEs, la gratuité des soins pour l’ensemble de la population, et une organisation du travail respectueuse des touTEs les travailleurs et travailleusesde la santé.

On en est bien loin… et le projet de nouveau CHU sur l’Ile de Nantes montre l’écart béant entre d’une part les belles paroles de l’équipe municipale et des responsables du CHU, et d’autre part ce que vivent au quotidien les travailleurEUSEs du CHU et les usagerEs.

Seul le contrôle par les travailleurEUSEs de l’ensemble du système de santé permettrait de le faire tourner au service de la population, et non pour le bénéfice des cliniques privées, et des bétonneurs.

Le projet de nouveau CHU a été mené dans une grande opacité, dans un contexte de dégradation de la qualité des soins, de l’accès aux soins, et des conditions de travail des soignantEs. Les causes sont connues : le sous-investissement, l’austérité généralisée, et le manque de recrutements.

Les mobilisations des personnels de santé ces derniers mois, notamment – mais pas seulement – dans les services d’urgence, par les infirmières et infirmiers, et les médecins le montrent : l’hôpital public à Nantes comme ailleurs est malade, et ne répond pas – malgré le dévouement des personnels – aux besoins de la population.

Le projet de nouveau CHU accentue cette dégradation générale : des réduction de personnel soignant ont déjà été réalisées, afin d’anticiper le fait que le futur hôpital comptera moins de lits d’hospitalisation. Alors que la population de Nantes et de l’agglomération augmente rapidement, cette diminution programmée du nombre de lits est totalement scandaleuse. Les conséquences seront une dégradation des conditions de soin à l’hôpital public… et un beau cadeau aux cliniques privées, qui se portent à merveille à Nantes !

Les conditions de travail seront aussi rendues plus difficiles car l’accès au nouvel hôpital sera compliqué, notamment pour celles et ceux qui travaillent en horaire décalés et qui ne peuvent – et ils sont nombreux.ses du fait des prix des loyers qui explosent – venir travailler à pied, en vélo ou en tram.

Pour toutes ces raisons, la liste « Anticapitaliste et Révolutionnaires ! » est opposée au projet de nouveau CHU.

Pour un système de santé contrôlé par les travailleurEUSEs

La municipalité a un rôle important dans les politiques de santé locale. Le maire préside le conseil d’administration du CHU : cela devrait permettre à l’ensemble de la population d’être au courant, en toute transparence, des décisions qui sont prises. Ce n’est absolument pas le cas actuellement.

Une municipalité dirigée par des travailleuses et des travailleurs rendrait publiques toutes les discussions et décisions, notamment concernant les entreprises de construction. Elle exigerait que celles-ci rendent des comptes et donnent le montant des profits qu’elles espèrent réaliser grâce à l’opération. Près d’un milliard d’euros est prévu pour construire le nouveau CHU (si cela n’augmente pas encore au fil de la construction…). Ce budget colossal sera capté par des entreprises de construction, dont personne ne sait comment elles ont été choisies. Les travailleurEUSEs devraient avoir leur mot à dire, savoir où va l’argent et comment il est dépensé.

Une municipalité dirigée par des travailleuses et des travailleurs poserait aussi immédiatement la question de ce que deviendront les actuels bâtiments du CHU. On imagine que les promoteurs et les bétonneurs se frottent déjà les mains, en imaginant les juteux bénéfices qu’ils pourront tirer du terrain de l’île Gloriette, en plein cœur de la ville. Si le CHU déménageait, ces terrains et bâtiments devraient rester publics et les habitantEs devraient pouvoir décider de ce qu’ils veulent en faire.

Enfin, une municipalité dirigée des travailleuses et des travailleurs soutiendrait toutes les mobilisations des soignants contre la politique gouvernementale d’austérité et de « réforme » du système public de soins, en s’en faisant le relais, et en proposant aux soignants et aux usagers des locaux et des moyens pour organiser leur lutte.

Quel avenir pour les bâtiments et terrains de l’actuel CHU ?

Johanna Rolland a annoncé le 4 février vouloir transformer l’actuel CHU en un grand parc « nourrissier », avec vergers, potagers, etc. On ne peut évidemment pas être contre le fait de construire des parcs mais… est-ce vraiment une priorité alors que l’on manque cruellement de logements sociaux ? A qui profiteront les vergers et les potagers ? Et que dire d’une promesse qui ne pourrait pas être réalisée afin la fin du prochain mandat ?! Le CHU déménagerait au mieux en 2026 (mais on sait que ces choses là prennent toujours du retard), ensuite il faudrait détruire des bâtiments, construire le parc, etc. Pommiers, tomates et carottes ne risquent pas de pointer le bout de leurs racines de sitôt… Un bel exemple de promesse qui n’engage à rien !

Une municipalité dirigée par des travailleuses et des travailleurs se poserait le problème des besoins de la population, avant de faire de la com à pas cher. Elle interdirait dès maintenant toute spéculation sur ces terrains – alors qu’on imagine déjà promoteurs et les bétonneurs se frotter les mains, à la perspective des juteux bénéfices qu’ils pourraient tirer de ces terrains.

Si le CHU déménageait, pourquoi ne pas imaginer un grand quartier d’habitat social en plein cœur de la ville ? Avec des parcs, certes, mais aussi et surtout des logements pas cher et des lieux de rencontre ! Et de tout cela il faudrait décider collectivement, sans s’en remettre aux annonces plus ou moins fracassantes d’une équipe municipale sortante qui veut laver son bilan plus vert que vert…