Coronavirus : le système de santé est déjà asphyxié !

Pour donner l’illusion que tout est sous contrôle, Macron s’agite et fait beaucoup de com : interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes, annulation du marathon de Paris, fermeture un jour plus tôt du Salon de l’agriculture... jusqu’aux bénitiers des églises vidés. Mais quels moyens dans la santé ?

Crédit photo : Photo Archives Presse-Océan-CT

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Pour donner l’illusion que tout est sous contrôle, Macron s’agite et fait beaucoup de com : interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes, annulation du marathon de Paris, fermeture un jour plus tôt du Salon de l’agriculture... jusqu’aux bénitiers des églises vidés. Mais quels moyens dans la santé ? Comme l’a rappelé un médecin neurologue qui a interpelé Macron lors de sa visite à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, le plus grand hôpital de France : « L’hôpital public est en train de flamber à la même vitesse que Notre-Dame. »

Les hospitaliers restent mobilisés

Sur les 20 000 lits de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, 900 sont fermés faute de personnel. A Nantes, le CHU manque aussi de lits, et le projet de déménagement prévoit d'en fermer encore plus. Depuis un an, des milliers de professionnels de santé, des aides-soignants aux médecins, descendent dans la rue pour dénoncer cette situation. Ils demandent des moyens pour fonctionner, avec l’ouverture de lits d’hospitalisation et l’embauche massive de personnel, mais aussi des salaires dignes de ce nom avec 300 euros d’augmentation mensuelle. Le gouvernement reste sourd aux revendications.

L’hôpital au bord de la rupture

« Le risque est grand, a prévenu le médecin neurologue de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, de voir les hôpitaux publics en incapacité de répondre à la demande générée par la crise du coronavirus. » Jusqu’au journal patronal Les Échos, de ce lundi 2 mars, qui écrit : « après des années de privations, l’hôpital aborde l’épidémie de coronavirus en fort mauvaise posture. » Le service des maladies infectieuses de la Pitié, en première ligne sur le coronavirus, a été fermé pendant des mois en 2019 à cause du manque de personnel.

Dans tous les hôpitaux, les protections de bases, comme des masques, manquent. Les plannings sont des textes à trous rarement remplis. Il suffit que quelques agents soient mis en isolement et plus rien ne tourne : les urgences de Tenon sont au ralenti depuis le dépistage positif de soignants et ce sont les autres urgences parisiennes qui doivent faire face à l’afflux de patient. À Creil, où environ 200 soignants sont en quarantaine, le service de réanimation de l’hôpital est fermé, ainsi que la ligne de SMUR/SAMU.

Le gouvernement n’y est certes pour rien dans l’épidémie de coronavirus, mais il est entièrement responsable du délabrement du service public hospitalier qui risque de la transformer en crise sanitaire majeure. Il est urgent de débloquer les fonds et les embauches qui permettent de satisfaire les revendications que les hospitaliers portent depuis des mois !