Contre le mal-logement : que ferait une mairie aux mains des travailleuses et travailleurs ?

Les anticapitalistes révolutionnaires qui se présentent aux élections ne cherchent pas à gérer le capitalisme à l’échelle de la ville. Ni à administrer une municipalité à la place de ses habitantEs. A Nantes de nombreuxSEs militantEs et collectifs dénoncent le mal-logement et cherchent à faire en sorte que tout le monde puisse avoir un toit. Notre objectif est de soutenir ces réseaux de solidarité, de donner une voix et un soutien aux luttes sociales.

Crédit : Photothèque Rouge/JMB

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Ni gérer ni administrer : lutter et s’organiser

Les anticapitalistes révolutionnaires qui se présentent aux élections ne cherchent pas à gérer le capitalisme à l’échelle de la ville. Ni à administrer une municipalité à la place de ses habitantEs.

A Nantes de nombreuxSEs militantEs et collectifs dénoncent le mal-logement et cherchent à faire en sorte que tout le monde puisse avoir un toit. Notre objectif est de soutenir ces réseaux de solidarité, de donner une voix et un soutien aux luttes sociales. A l’échelle d’une municipalité, cela passerait par le fait de laisser le pouvoir aux assemblées générales et aux comités d’entreprise et de quartiers chargés d’appliquer leurs décisions.

Les mesures d’urgence qu’il faudra imposer

De façon générale, une mairie aux mains des travailleuses et travailleurs augmenterait les moyens humains et financiers dédiés à la prévention et à l’accompagnement de touTEs les habitantEs en difficulté, qu’ils soient français ou non, immigrés avec ou sans papiers.

Résoudre la question du mal-logement nécessite de plafonner les loyers et d'interdire leur augmentation, de restreindre drastiquement le parc de logements privés, et d’augmenter massivement le nombre de logements sociaux. Cela nécessite aussi de rénover et revaloriser l’habitat existant, sans surcoût pour les locataires.

On le sent bien, cela ne serait possible qu’à condition d’interdire inconditionnellement les expulsions, en organisant la résistance des habitantEs face aux expulsions, et aux interventions de police ou d’organismes à la solde de l’État ou des bailleurs.

Cela ne serait aussi possible qu’à condition de réquisitionner tous les logements vides de Nantes. Les habitantEs devraient alors réaliser eux-même un vaste recensement des logements vacants, et un compte-rendu détaillé de la salubrité des logements. La mairie compléterait ce recensement en donnant accès à la liste des bâtiments dont elle est propriétaire.

Il faudrait aussi prendre en charge collectivement les besoins des plus démuniEs, qui n’ont pas seulement besoin d’un toit sur la tête mais aussi de nourriture dans leur assiette, de l’accès au soin, à la scolarisation, à la formation, et de chaleur humaine.

Aux travailleuses et travailleurs organisés, il n’est rien d’impossible

A Nantes, des centaines d’habitantEs travaillent déjà ensemble dans ce sens. Si les travailleuses et travailleurs de cette ville prenaient le pouvoir, ce maillage de collectifs et d’associations fort, organisé, et qui fournit un travail immense, serait encouragé – et non poussé à l’illégalité et la clandestinité –, aidé financièrement et par l’afflux de bras. Car chacunE, dans son quartier, serait amenéE à prêter main-forte, à prendre en charge les personnes à la rue ou en recherche d’emploi.

L’accueil des migrantEs et l’aide aux plus démunis ne seraient plus porté à bout de bras par des équipes militantes exténuées, mais par toutes et tous. Lutter contre la violence du système ne peut passer que par la solidarité.

Tout cela n’est possible que si les habitantEs de la ville prennent leurs affaires en main, en s’organisant à la base dans des comités d’entreprise et de quartier.

Aucune mairie ni aucun conseil municipal, même authentiquement ou radicalement de gauche, ne pourra assurer un logement pour touTEs ainsi que des conditions dignes d’existence. Car le budget des mairies est serré et leur marge de manœuvre de plus en plus étroite vis-à-vis de l’État. Et car elle se heurterait à de nombreux obstacles posés sur sa route par l’État et le patronat.

Ce qui se passe à Nantes n’est pas déconnecté de ce qu’il se passe à l’échelle mondiale et du système capitaliste qui organise la société. Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement que tous les NantaiSEs puissent se loger dignement (même si ce serait déjà un bon début…), et puissent travailler. Ce que nous voulons c’est la fin d’un système qui repose sur l’exploitation d’une majorité poussée à la misère par une minorité qui s’enrichit. Et ce n’est pas par les élections que nous l’obtiendrons, mais bien par la lutte…