À Nantes comme ailleurs les lycéenNEs se mobilisent !

Depuis plusieurs mois les lycéenNEs de Nantes et d’ailleurs ont repris le chemin de la mobilisation. Ils dénoncent les réformes mises en place dans les lycées, faisant clairement le lien avec toutes les autres attaques du gouvernement contre l’éducation et contre le monde du travail en général (réforme des écoles primaires et maternelles l’année dernière, l’actuel projet de Loi de Programation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) dans le supérieur, réforme des retraites...)[...]

Chaîne Humaine au lycée Guist'hau le 5 fvérier 2020 - Crédit : Dominique LE MEE

Chaîne Humaine au lycée Guist'hau le 5 fvérier 2020 - Crédit : Dominique LE MEE

Depuis plusieurs mois les lycéenNEs de Nantes et d’ailleurs ont repris le chemin de la mobilisation. Ils dénoncent les réformes mises en place dans les lycées, faisant clairement le lien avec toutes les autres attaques du gouvernement contre l’éducation et contre le monde du travail en général (réforme des écoles primaires et maternelles l’année dernière, l’actuel projet de Loi de Programation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) dans le supérieur, réforme des retraites...), mais aussi avec cette société capitaliste dans laquelle nous vivons qui n’offre aucune perspective d’avenir.

Des réformes inégalitaires…

Depuis le début du quinquennat Macron, le lycée fait l’objet d’une succession de réformes, toutes plus injustes les unes que les autres. En 2018 la mise en place de la plateforme Parcoursup a permis une sélection accrue pour l’accès aux études supérieures. Avec cette réforme les établissements du supérieur peuvent désormais imposer leurs propres critères, souvent opaques, pour trier les futurEs étudiantEs, favorisant encore plus les élèves issus des milieux les plus aisés.

L’année dernière Blanquer lançait sa réforme du lycée général. À partir de la Première, les séries générales disparaissent, officiellement pour laisser plus de « choix » aux élèves. Ceux-ci devront choisir trois spécialités parmi une liste de 12… mais parmi celles qui seront ouvertes dans leur établissement. Les élèves des établissements déjà en manque de moyens seront donc une fois de plus pénalisés. Ce choix aura bien entendu une influence sur la sélection effectuée par Parcoursup, pénalisant encore plus les élèves de ces établissements. Les familles les mieux informées sauront mettre en place des stratégies pour leur progéniture, tandis que les autres – la majorité et, en particulier, les classes populaires – n’auront d’autre choix que de subir la sélection.

La dernière réforme en date concerne le diplôme du Bac, et en particulier l’introduction des épreuves locales dites E3C (« Épreuves communes de contrôle continu »). Jusqu’en décembre, personne – élèves comme professeurEs – ne savait exactement en quoi allaient consister les épreuves. Encore une fois seuls les lycées les mieux dotés pourront organiser ces épreuves dans de bonnes conditions. Un bac passé dans un lycée prestigieux de centre ville vaudra donc bien davantage qu’un bac passé dans un lycée de quartier populaire.

… source d’inquiétude dans la jeunesse

Toutes ces réformes ne sont pas là pour rassurer les lycéenEs sur leur avenir. Il est vrai que les perspectives laissées par la mise en place de ce système de sélection n’ont rien d’enthousiasmantes. Le fait de ne pas pouvoir choisir son avenir ou de devoir travailler à côté de ces études pour pouvoir payer son loyer – comme malheureusement unE étudiantE sur deux aujourd’hui – inquiète plus d’unE lycéenNE. Mais plus généralement c’est bien une critique de la politique capitaliste du gouvernement et de la société en générale qui est formulée par les lycéenNEs (mobiliséEs ou non). Beaucoup ne veulent pas de cette précarité qui les attend après les études et le lien avec le fonctionnement capitaliste de notre société est clairement établi par ces derniers.